Première année du ministre Cheikh Niang : une diplomatie de terrain au service du rayonnement du Sénégal

Le 16 septembre 2025, le Président de la République, SEM Bassirou Diomaye FAYE, confiait à l’Ambassadeur Cheikh NIANG le Ministère de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, en remplacement de Madame Yassine FALL. Un an après cette nomination, le bilan de ce diplomate de carrière, le troisième à accéder à cette haute charge après Messieurs Seydina Oumar Sy et Mankeur Ndiaye, s’illustre par une doctrine claire : une diplomatie proactive de terrain adossée à des acquis institutionnels majeurs. Une diplomatie de terrain Dès le 24 octobre 2025, soit à peine après son arrivée, le Ministre effectue son premier déplacement officiel vers Banjul, en Gambie, puis poursuit sa tournée régionale à Nouakchott et à Bissau, affichant d’emblée une priorité dédiée à la diplomatie de proximité et au bon voisinage. En une année, le Ministre s’est ainsi rendu en visite officielle dans dix-huit pays couvrant l’ensemble des cercles géopolitiques stratégiques : États‑Unis, Nigeria, Gambie, Mauritanie, Arabie saoudite, Angola, Rwanda, Qatar, Égypte, Suisse, Côte d’Ivoire, Espagne, Algérie, Éthiopie, Guinée‑Bissau, Danemark, Gabon et, récemment, les Émirats arabes unis. Ce maillage géographique, qui englobe aussi bien le voisinage ouest‑africain, les grandes capitales du Golfe, l’Europe, que l’Afrique australe et orientale, reflète une volonté assumée de replacer le Sénégal au cœur des cercles diplomatiques qui comptent. À ces déplacements s’ajoute un dense calendrier de rencontres bilatérales, organisées à Dakar ou en marge de réunions multilatérales, avec notamment la Croatie, la Mauritanie, le Rwanda, le Burundi, le Venezuela, le Liechtenstein, les Bahamas, la Palestine, la Tunisie, la Côte d’Ivoire, l’Éthiopie, la Colombie, le Maroc, la Turquie, la France et l’Afrique du Sud, dessinant un réseau de partenaires couvrant l’ensemble des régions du monde, des Caraïbes au Moyen‑Orient en passant par l’Europe. Des acquis institutionnels majeurs Cette diplomatie de mouvement s’accompagne de résultats institutionnels tangibles : • La reconquête d’un siège stratégique au sein de la CEDEAO. Fin 2025, le Sénégal est parvenu à sécuriser la Présidence de la Commission de l’Organisation, avec la nomination du Général Birame Diop pour un mandat de quatre ans, suivie de l’élection du Président de la République à la présidence en exercice de la Conférence des chefs d’État en juillet 2026. • L’organisation réussie de la 10ᵉ édition du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique (20-21 avril 2026) confirme le Sénégal comme une place privilégiée des questions géostratégiques. • Le règlement définitif du dossier de la Maison des Nations Unies, renforçant l’ancrage multilatéral du Sénégal. • L’ouverture du Salon d’honneur diplomatique Kessoukhatt de l’AIBD, un ouvrage de référence répondant aux standards internationaux. • La tenue de la première édition de la Journée de la diaspora, moment fort de reconnaissance et de mobilisation des Sénégalais de l’extérieur. • Le lancement d’un programme quinquannal de modernisation du réseau diplomatique et consulaire, voulu par le Chef de l’État en avril 2026, adossé à un budget ministériel 2026 de 67,58 milliards de francs CFA. • La résolution du dossier des supporters sénégalais détenus au Maroc après la CAN 2025, obtenue sans compromettre l’excellente relation sénégalo-marocaine. • Une diplomatie de bon voisinage assumée, portée sur l’apaisement des tensions entre l’Alliance des États du Sahel et le reste de la CEDEAO. • La confirmation de la confiance présidentielle, avec la reconduction du Ministre au sein du gouvernement de Monsieur Ahmadou Al Aminou LO, le 1er juin 2026. En ce qui concerne les candidatures, on peut retenir : ✓ l’élection de Madame Fatimata Diallo en qualité de membre du Comité des droits économiques, sociaux et culturels des Nations Unies, le 8 avril 2026, à New York ; ✓ l’élection du Sénégal par consensus au Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC), en juin 2026, à New York ; ✓ la réélection de Monsieur Bacre Waly Ndiaye au Comité des droits de l’homme des Nations Unies, le 15 juin 2026, à New York ; ✓ la désignation du Sénégal pour accueillir le 24ᵉ Congrès international et Exposition de l’Association africaine de l’Eau et de l’Assainissement (AAEA) en 2028 ; ✓ l’élection de Monsieur Birame SENE, Magistrat, Directeur général des Élections, à la tête du Réseau des Compétences électorales francophones (RECEF), le 12 juin 2026 ; ✓ la désignation de Monsieur Malick NDIAYE en qualité de Premier Vice‑Président de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, lors de la 17ᵉ Conférence des Présidents de la Région Afrique, tenue à Lomé (Togo), en avril 2026 ; ✓ l’élection de Madame Hélène SARR au poste de Juge à la Cour commune de Justice et d’Arbitrage (CCJA) de l’OHADA, lors de la 61ᵉ Session du Conseil des Ministres de l’Organisation, tenue les 27 et 28 juillet 2026, à Lomé ; ✓ la nomination du Professeur Cheikh MBOW, Directeur général du Centre de Suivi écologique (CSE), en qualité de Président du Science-Policy Interface (SPI) de la Convention des Nations unies sur la Lutte contre la Désertification (UNCDD), le 17 août 2026, en Mongolie, à l’occasion de la COP17 ; ✓ la nomination de El Hadj Ibrahima DIENE en qualité de Représentant spécial du Président de la Commission de l’Union africaine pour la Somalie et, en même temps, Chef de la Mission africaine pour le soutien à la Stabilisation de la Somalie. Ces résultats, exprimant un bilan élogieux, traduisent la crédibilité internationale du Sénégal, la qualité des profils présentés ainsi que l’efficacité des démarches diplomatiques entreprises par le Département et des MDC. Dans le cadre de l’assistance et de la protection des Sénégalais de l’Extérieur, le Bureau d’Accueil, d’Orientation et de Suivi (BAOS) de l’AIBD a accueilli 729 compatriotes, dont 622 hommes, 57 femmes et 50 enfants, en provenance d’Italie, de Tunisie, du Niger, d’Algérie, du Maroc, de Mauritanie, de Libye, du Mali, du Kenya, d’Espagne et, plus récemment, 88 de nos compatriotes en Afrique du Sud, où des manifestations xénophobes ont concerné des communautés africaines. Sorti de la retraite pour remettre son expertise au service de la Nation, le Ministre Cheikh NIANG revendique une approche technocratique et apolitique, au service exclusif de l’État, avec une défense plus affirmée des intérêts souverains de Dakar, sans renoncer à l’ouverture vis-à-vis de l’ensemble des partenaires internationaux. L’an 1 du Ministre Cheikh Niang se lit comme une étape de reconquête : retour au premier plan continental, apaisement des dossiers sensibles, densification du réseau de partenaires et modernisation de l’outil diplomatique et consulaire. Le défi de l’an 2 s’annonce multiple Il s’agira d’abord de transformer ces acquis institutionnels en résultats tangibles pour les Sénégalais de l’extérieur et pour le positionnement du Sénégal dans les grands équilibres régionaux et internationaux. Il reviendra ensuite à la diplomatie sénégalaise de faire de l’organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse de Dakar 2026 (31 octobre-13 novembre 2026), une première sur le continent africain, un catalyseur de notre soft power, en consolidant l’image d’un Sénégal ouvert, hospitalier et capable d’organiser de grands rendez-vous internationaux, afin de faire durablement du pays une terre d’accueil des compétitions sportives internationales. La diplomatie économique sera, par ailleurs, appelée à jouer un rôle de premier plan dans l’accompagnement du Plan de traitement de la dette du Sénégal, en consolidant la confiance des partenaires bilatéraux et multilatéraux et en mobilisant l’ensemble du réseau diplomatique et consulaire au service de la stabilité macroéconomique du pays. Mais aussi et surtout, il conviendra de renforcer les moyens humains, matériels et financiers des Agents du Ministère, tant au niveau central que dans les Missions diplomatiques et consulaires, qui demeurent la cheville ouvrière de toute politique étrangère ambitieuse.